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 Ziis : Entre deux mondesVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

D'après vous,
On ne peut vraiment rien tirer de ce texte.
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C'est intérêssant, mais à réécrire.
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Il y a quelques petites choses à modifier.
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C'est quasiment parfait.
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arabella
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MessageSujet: Ziis : Entre deux mondes   Lun 12 Nov - 19:49

Genre : Futuriste

(Alors, voilà un nouveau roman que je suis en train de composer. Il n'est pas terminé, et je crois qu'il ne le sera pas avant un certain temps. Néanmoins j'aimerais beaucoup avoir votre avis sur le premier chapitre. Parce que des fois je me relis, et je trouve que c'est pas mal, et d'autres fois je déteste littéralement et j'ai envie de tout réécrire (ce que je préférerais ne pas faire, ou au pire dés maintenant...) Donc voilà pourquoi le sondage^^)





Prologue

Premier Chapitre : Un nouveau départ



L'odeur dans le dernier wagon était très forte, elle prenait les narines de plein fouet, et donnait presque l'impression d'être visible tellement elle empestait. Mais les vagues dans l'air n'étaient que la chaleur étouffante mélangée à la sueur de tous les Zitunien s'entassant dans le petit cube brinquebalant. Melfirae aurait plutôt eu des vagues à l'âme, mais elle se retenait de pleurer. Il était trop tard à présent pour déverser sa tristesse, la jeune fille était partie en courant, et ne reviendrait jamais. Les larmes ont giclé dans le vent.

Elle s'engouffra par la porte de bois, imitant des dizaines de personnes qui revenaient du travail, pour ceux qui en avaient. Les autres ne faisaient que flâner, ils savaient bien que mendier ne servait à rien, les personnages les plus riches de Ziis-Tun avaient à peine de quoi subsister, et même s'il régnait la plupart du temps l'entraide de la misère, personne n'était assez fou pour offrir son argent. Melfi était tellement écrasée par cette masse informe qu'elle se retrouva sans trop savoir comment accroupie par terre, collée contre le mur du fond, lui aussi fait de ce vieux bois noirci, un bois qui n'a plus d'odeur que celle de la crasse. Dans son dos, elle sentait nettement le rebord inférieur d'une immense affiche publicitaire, qui ne brillait même plus et dont plus personne ne faisait attention depuis longtemps. Qui ici aurait pu s'offrir ce voyage sur cette plage paradisiaque ? Ciel bleu, sable blancs, le paysage sur le panneau paraissait désert, hormis ces deux amoureux. Pourtant, chacun savait qu'un endroit comme celui-là n'existait plus, c'était soit une photographie truquée, soit une plage de synthèse, qui ne serait en réalité qu'une petite pièce recouvert d'écrans géant imitant une fausse réalité et pour laquelle les gens payent des fortunes pour quelques heures d'un bonheur factice. Melfirae, dans son habit marron et miteux, sa capuche remontée sur sa tête, semblait assise sur le sable, contrastant complètement avec le reste de l'image.

La jeune fille prit Otto, son isatis, sorte de petit renard polaire, sur ses genoux. Même si elle n'avait pas froid, sa fourrure lui réchaufferait au moins le coeur. Elle n'avait plus que lui au monde. Elle ferma les yeux et posa la tête sur ses poils blancs, presque bleutés, c'était si bon de plus penser à rien.

Quand elle les ouvris à nouveau, le wagon s'était arrêté. On pouvait voir par la fenêtre maculé un petit écriteau à peine stable, sur lequel étaient inscrites deux croix rouges. Le tunnel vingt. Aussi loin qu'elle se souvienne, Melfi n'était jamais allée plus loin, même avec ses parents. Quel intérêt auraient-ils eu à cela ? Mais ce jour-là, c'était différent, elle voulait rouler le plus loin possible, pour oublier, pour guérir sa souffrance. Le rail sur lequel avançait la navette s'étendait sur toute la longueur de Ziis-Tun, allant du quartier le plus pauvre, à celui le plus riche, en passant par les trente-trois autres. Il n'y avait jamais de virage, sinon la navette aurait certainement déraillée, et cette dernière faisait des allés retour à longueur de journée. La nuit, elle se rangeait dans un petit hangar, creusé plus profondément encore que les quartiers riches. Il paraît que là-bas, tout au fond de la voie, il y aurait un moyen d'aller au dessus, à Ziis-Cil... Mais peut-être n'etait-ce qu'une rumeur, une légende que son père aurait inventée pour lui redonner espoir. Pourtant c'était un but à se fixer, elle avait toujours rêvé à ces lieux où le ciel est visible de partout, où l'air ne sent pas la rouille et l'humidité, et où tout le monde vit heureux. Son père lui racontait des tas d'histoire sur cet endroit là, où il s'apparentait au héro, et voyageait, de villes en villes, de plaines en plaines, sans jamais dire vraiment si ces histoires étaient fausses, ou si elles avaient vraiment existées. Mais ce dont Melfi était sûre, c'est qu'il aurait voulu faire ce voyage avec elle, pour découvrir ou retrouver ce monde plein de plaisirs. Mais c'était trop tard maintenant.

Voilà qu'elle repensait à cet accident, les pierres immenses roulant sur sa maison, détruisant tout, jusqu'à ce qu'elle avait de plus cher, jusqu'à ses parents. Ce sont les risques d'habiter dans les sous terrains, titreront les journaux, si jamais ils en parlaient. Mais que faire quand on n'a pas les moyens d'aller ailleurs ? Melfirae avait toujours vécu dans sa petite baraque de tôles, au plus profond de la ville souterraine, à Tilde. Jamais elle n'avait vu la lumière du jour, jamais elle n'avait vu un billet, même de seulement dix Goldar-w. Ils vivaient précairement, mais plus ou moins heureux, parce qu'ils étaient ensemble. Et voilà qu'aujourd'hui, un petit tremblement chamboulait toute sa vie... Elle n'avait que quinze ans, et n'était certainement pas prête pour affronter les autres toute seule, même accompagnée d'Otto. Son cher Otto...

Ils l'avaient appelé ainsi, parce qu'ils avaient trouvé cette boule de poil dans un quartier proche du leur, qui portait ce nom en mémoire d'un grand physicien, ou tout au moins d'un physicien à la hauteur de Tilde. Le petit isatis, tout tremblant et transis de froid qu'il était, retrouva vite son énergie parmi eux, et mit un peu plus de bonheur dans leur maison. Mais il s'était surtout révélé comme le seul ami que Melfi ait jamais eut, ne sortant pas souvent de chez elle. C'était lui qui avait aidé la jeune fille à se tirer d'affaire lors de l'éboulement. Il l'avait entraînée entre les pierres et la terre qui se déversaient sur elle, et ils étaient désormais sain et sauf, mais se sentant plus seuls que jamais. La jeune fille avait juste eut le temps d'attraper un pendentif appartenant à sa mère, posé sur la table, comme s'il voulait rester avec elle. Un dernier souvenir.

Une vague de parfum sortit soudain Melfi de ses tristes pensées. Une énorme femme aux habits roses et aux cheveux jaunes s'était penchée vers elle.
- Tout va bien ma petite ? Tu t'es perdue ?
Sans s'en apercevoir, Melfi s'était mise à pleurer. Elle s'empressa de sécher ses larmes d'un revers de manche et fit non de la tête. La femme se releva en lui souriant, réjouie sans doute d'avoir fait une bonne action. Si elle sentait le parfum, c'était que le train s'était rapproché un peu plus des quartiers riches. Et en effet, la grosse dame contourna Melfirae et son isatis pour aller se placer dans la file de sortie, alors que le wagon s'arrêtait, les roues en ferraille rouillée crissantes, au tunnel quatorze.

Les wagons étaient coupés en deux par une barre d'aluminium, sur lesquels s'accrochaient les passagers, pour ceux qui pouvaient l'atteindre. D'un côté, les voyageurs entrants, et de l'autre les sortants. Si bien que, comme Melfi était dans le passage entre les deux, elle se prenait souvent des coups de savates, mais n'y faisait pas vraiment attention. Ses parents avaient souffert bien plus qu'elle, et elle-même avait déjà connu pire, comme la fois où l'humidité avait été tellement grande, que sa famille n'avait plus la moindre petite "graine de Bergues" à se mettre sous la dent, ces grosses bactéries blanches qu'ils récoltaient en cachette derrière leur masure et qui permettaient de subsister en cas de grosse famine. Ou encore le jour de l'émeute au tunnel vingt-quatre, où se tenait le marché, où Melfirae s'était retrouvée coincée sous un stand mis en pièce par les révoltés ; des gens pourtant comme elle, qui en avait seulement assez de toute cette misère.

Tout à ses réflexions, elle ressentit soudain un grand froid l'envahir, contrastant avec la chaleur qui régnait dans le wagon. Les portes s'étaient ouvertes, produisant un courant d'air frais, qui glissa sur les jambes de la jeune fille. Elle aperçut alors entre les jambes des passagers des chaussures noires, au moins une bonne dizaine. Les autres pieds s'écartaient sur leur passage, ils semblaient tourner en rond. La navette s'était arrêtée plus longtemps qu'à l'ordinaire, les propriétaires de ces pieds curieux devaient avoir payé le chauffeur. D'ailleurs, leurs chaussures étaient cirée, jamais personne n'en avait de si brillantes ici, et faisaient grincer le plancher. Melfi se recroquevilla un peu plus sur elle-même, elle avait l'étrange impression qu'ils étaient là pour elle, qu'ils la cherchaient, et même si ça ne paraissait pas vraiment vraisemblable, son coeur pensait le contraire et résonnait jusque dans sa tête. Otto avait senti que sa maîtresse n'était pas à l'aise, et émettait de petits couinements, heureusement étouffés par les discutions diverses. Bientôt, la navette s'ébranla, et les chaussures sombres repartirent, mais Melfi garda une angoisse incompréhensible au fond d'elle. Pour se donner courage, elle serra le pendentif contre son coeur, priant pour ne plus jamais avoir à rencontrer ces pieds étranges.

Elle décida de prendre cette intrusion comme une bonne augure ; en effet, si de si riches personnes qu'elles en avaient des souliers propres, étaient entrées ici, c'est bien qu'il y avait un moye de passer d'un monde à l'autre, et Melfi se réconforta dans son but. Elle ne savait pas du tout où pouvait bien être cette "porte" vers le ciel, mais elle la trouverait.

Quand la navette s'arrêta de nouveau, une seule personne entra, souliers râpés, difformes, rafistolés avec du bristol... Et pourtant, une démarche lente et sûre d'elle, distinguée, presque agressive, ou plutôt, intimidante. Le coeur battant, Melfi avait bien une idée de la personne qui marchait vers la publicité mate, elle releva la tête et croisa le regard d'un jeune garçon le temps d'une fraction de seconde. C'était Kagan, elle ne l'avait jamais vu, mais en était presque certaine. Il contourna Melfi sans même la toucher, et alla se placer dans la file des sortants. Cette fois, le coeur de la jeune fille s'arrêta, alors qu'elle l'observait du coin de l'oeil. Que faisait-il là, vers les quartiers les plus riches de Ziis-Tun ? Kagan faisait partie, disait-on, du plus réputé, mais du plus craint des gangs des quartiers pauvres. Sa renommée était telle qu'il était même reconnu au-delà du tunnel dix. Beaucoup avaient mis l'émeute du tunnel vingt-quatre sur son compte, mais Melfirae savait qu'il était bien plus subtile que cela dans ses actions, et qu'il n'aimait pas faire de mal aux misérables comme lui. Il faisait peur à certains, mais beaucoup d'autres le vénéraient. Ceux-là l'avaient surnommé Kagan, parce que ses cheveux étaient bouclés et si blonds qu'on les auraient cru blancs, comme la laine d'un mouton ; mais aussi parce qu'ils le considéraient comme leur chef à tous. Son vrai nom, personne ne le connaissait, mais au fond, qui a un véritable nom à Ziis-Tun ? Ils ne savaient même pas ce que cela voulait dire.

Melfi était fascinée de le voir de ses propres yeux, elle qui avait toujours cru qu'il n'était qu'un fantasme de foule, un symbole pour faire peur aux plus arrogants et pour redonner confiance aux plus démunis. Pourtant il était là, devant elle, les mains dans les poches, il aurait siffloté que ça n'aurait pas parut étonnant tellement il se sentait à l'aise. La jeune fille l'admirait, les yeux posés sur lui, elle aurait tellement voulu avoir sa force de caractère, son courage, et surtout la liberté qu'il dégageait.

Il ne descendit pas tout de suite, il aurait normalement dut attendre dans la file d'arrivée, mais ça ne semblait pas le déranger plus que ça. Personne n'oserait le lui faire remarquer. Il sortit au tunnel 3, sans un regard en arrière. Par contre, Melfi, elle, ne le perdait pas de vue. Ne sachant pas quoi faire et se rattachant à son dernier espoir, la jeune fille se leva d'un bond, se fraya un passage parmi la foule opprimée, serrant Otto contre elle pour ne pas le perdre, et réussit à sortir juste à temps. Une demi seconde plus tard, la Navette repartait, dans son vrombissement et ses cliquetis assourdissants. Et Kagan, où était-il passé ? Un long corridor, bordé de maisons comme Melfi n'en avait jamais vues, semblait s'élancer vers l'infini.
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Pulsar-san
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MessageSujet: Re: Ziis : Entre deux mondes   Dim 18 Nov - 0:46

Tout d'abord, l'analyse Non mais

Le pluriel "des vagues à l'âme" existe ?

Problème de concordance des temps : "Les larmes ont giclé dans le vent."
Tu débutes le paragraphe à l'imparfait et la dernière phrase est au
passé composé. Si tu veux dire que les larmes "giclent" (est-ce une
caractéristique physiologique des Zitunien que les larmes giclent au lieu de couler ? [problème de cohérence]) alors qu'elle repense à ça, c'est le passé simple qu'il faut employer.

"Elle s'engouffra par la porte de bois" : normalement on s'engouffre dans quelque chose. Donc, tu sous-entends quoi ?

"l'entraide de la misère" : je pense que c'est "l'entraide dans la misère"

"lui aussi fait de ce vieux bois noirci" : [incohérence] Lui aussi ? Par rapport à quoi ?

"et dont plus personne ne faisait attention" -> [français] "et à laquelle plus personne ne faisait attention"

"qu'une petite pièce recouvert d'écrans géant" : [Erreur d'accord] "qu'une petite pièce recouverte d'écrans géants"

"La jeune fille prit Otto, son isatis, sorte de petit renard polaire, sur ses genoux. " [incohérence] D'où le sort elle ?

Marchait-il près d'elle, dans ce cas il aurait du être écrasé par la foule, ou bien était-il dans un sac ?

"presque bleutés, c'était si bon de plus penser à rien." : Un point virgule ne serait pas mieux qu'une virgule ?

"c'était si bon de plus penser à rien." [français] -> "c'était si bon de ne plus penser à rien."

"Quand elle les ouvris à nouveau" [conjugaison] -> "Quand elle les ouvrit à nouveau"

"On pouvait voir par la fenêtre maculé" [accord] -> "On pouvait voir par la fenêtre maculée"

"aller-retour" [expression] -> "aller-retour", sans pluriel car composé de deux verbes.

"de villes en villes, de plaines en plaines" [hum...] -> Ça se met au pluriel ? Normalement on ne peut voyager que d'un endroit à un autre...

"Mais ce dont Melfi était sûre, c'est qu'il
aurait voulu faire ce voyage avec elle, pour découvrir ou retrouver ce
monde plein de plaisirs. Mais c'était trop tard maintenant." [répétition] -> Le second ou le premier mais est en trop.

"La jeune fille avait juste eut le temps
d'attraper un pendentif appartenant à sa mère, posé sur la table, comme
s'il voulait rester avec elle." [incohérence (?)] -> La fin de la phrase ne sonne pas juste car tu parle d'un pendentif en général, et non d'un pendentif en particulier.

"D'ailleurs, leurs chaussures étaient cirée" [accord] -> "D'ailleurs, leurs chaussures étaient cirées"

"et même si ça ne paraissait pas vraiment vraisemblable" [lourdeur] -> "et même si ça ne paraissait pas vraiment probable/possible/raisonnable"

"c'est bien qu'il y avait un moyen de passer d'un monde à l'autre" [français] -> manque une lettre

"la laine d'un mouton ; mais aussi" [français] -> un point virgule ici ? Avec un espace avant ?

"foule opprimée" [hum...] -> Peut-on employer l'adjectif "opprimé" dans ce sens ?

----------------------------


Mis à part les erreurs relevées, j'aime bien. Pourquoi ? Parce les
scènes sont très bien décrites et que je me les suis représentées sans
aucun problème.
Et puis tu arrives à accrocher l'attention du lecteur qui se demande ce que va devenir l'héroïne Smile !
Les détails, parvenir à faire passer l'émotion, c'est ça qui fait d'une histoire qu'elle bonne ou mauvaise.
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MessageSujet: Re: Ziis : Entre deux mondes   Dim 18 Nov - 15:39

Merci mille fois pour toutes ces précisions !
J'ai en effet fait pas mal d'erreurs simples, j'aurais mieux de me relire encore une fois géné
Je pense qu'en ordre général tu as raison^^ Il y a juste quelques points que j'aimerais voir avec toi parce que je suis pas sûre...
Pour "les larmes ont giclé dans le vent", en fait c'est une phrase sortie d'un style particulier que j'emploi souvent dans mes nouvelles, mais c'est vrai qu'ici ça fait un peu tache, car il n'y a qu'elle parmi un tout autre style. Enfin bref, il faudra que je change ça.

Le pluriel "des vagues à l'âme" existe ? Ben, j'ai dut mal à voir cette expression au singulier... Mais peut-être que je me trompe ?

"La jeune fille prit Otto, son isatis, sorte de petit renard polaire, sur ses genoux. " [incohérence] D'où le sort elle ? Tiens, oui, j'avais pas remarqué, c'est pour ces petites choses qu'il faut absolument faire relire à quelqu'un de neutre !!

"la laine d'un mouton ; mais aussi" [français] -> un point virgule ici ? Avec un espace avant ? J'ai mit un point-virgule parce que je trouvais la phrase trop longue sinon et plus difficilement compréhensible, mais je me trompe peut-être.. Quant à l'espace, il faut effectivement en mettre, c'est une règle pour toutes les "ponctuations doubles" (je ne sais pas comment ça s'appelle..) comme le ? le ! et le ;

"foule opprimée" [hum...] -> Peut-on employer l'adjectif "opprimé" dans ce sens ?
Alors là j'en sais rien du tout, je le pensais ma fois^^ Je veux dire par là qu'ils sont serrés comme des sardines, peut-être est-ce plutôt opressés ? J'en perds mon latin xD
En tout cas merci beaucoup beaucoup ! Je vais essayer de retravailler ça avec tes commentaires ! LuV
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MessageSujet: Re: Ziis : Entre deux mondes   Dim 18 Nov - 16:42

Coucou

J'ai noté aussi quelques fautes d'orthographe, mais ce n'est pas grand chose.

J'aime bien mais je ne le vois pas comme un Prologue en fait... Non pas que ce n'est pas bien écrit ni rien, comme Pulsar je me suis facilement identifiée et c'est assez fluide, mais je ne trouve pas ce que j'attends d'un prologue normalement.

Je suis intéressée par la suite mais pas captivée, sans doute manque-t-il un brin de rythme et de profondeur. Tu décris bien la scène, mais il manque des détails. Je ne pourrais pas te dire lesquels (c'est le problème avec moi), mais il manque quelque chose à ton prologue pour qu'il soit plus absorbant encore.

En tout cas, cela me plairait de lire la suite!
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MessageSujet: Re: Ziis : Entre deux mondes   Dim 18 Nov - 18:30

En fait tu as raison, ce n'est pas vraiment un prologue puisque ça s'inscrit plutôt bien dans l'histoire, en fait c'est juste le début, mais j'arrive pas à trouver un titre xD Et aussi peut-être qu'au départ c'était pas censé devenir tout à fait ça, mais comme j'écris au fil de la plume...
Enfin bref, je vais écrire un nouveau prologue, qui je pense sera plus pertinent (d'ailleurs il n'aura rien à voir).
Merci de ta critique !^_^
Pour la suite en fait elle est déjà écrite mais il faut que je fasse quelques modifications...

Ah, et au fait, voici un montage que j'ai fait en guise de couverture^^
http://lapinvolant.cowblog.fr/ziis-entre-ciel-et-terre-2292162.html
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MessageSujet: Re: Ziis : Entre deux mondes   Dim 18 Nov - 22:01

arabella a écrit:
Pour "les larmes ont giclé dans le vent", en fait c'est une phrase sortie d'un style particulier que j'emploi souvent dans mes nouvelles, mais c'est vrai qu'ici ça fait un peu tache, car il n'y a qu'elle parmi un tout autre style. Enfin bref, il faudra que je change ça.

En fait, on voit ça en bande dessinée, manga, anime, etc. mais pas en littérature.

arabella a écrit:
Le pluriel "des vagues à l'âme" existe ? Ben, j'ai dut mal à voir cette expression au singulier... Mais peut-être que je me trompe ?

L'expression exacte est avoir du vague à l'âme.

arabella a écrit:
"La jeune fille prit Otto, son isatis, sorte de petit renard polaire, sur ses genoux. " [incohérence] D'où le sort elle ? [color=Black]Tiens, oui, j'avais pas remarqué, c'est pour ces petites choses qu'il faut absolument faire relire à quelqu'un de neutre[/color] !!

C'est pour ça qu'existe le commité de lecture dans les maisons d'édition Lunette

arabella a écrit:
"la laine d'un mouton ; mais aussi" [français] -> un point virgule ici ? Avec un espace avant ? J'ai mit un point-virgule parce que je trouvais la phrase trop longue sinon et plus difficilement compréhensible, mais je me trompe peut-être.. Quant à l'espace, il faut effectivement en mettre, c'est une règle pour toutes les "ponctuations doubles" (je ne sais pas comment ça s'appelle..) comme le ? le ! et le ;

Argh, une règle que j'avais oubliée... (Il faut bien un e à oublié ?)
Ce qui m'ennuit c'est que tu mets mais aussi après le point virgule.
Mais je dois avouer que je n'ai jamais vraiment compris l'utilisation de cette ponctuation géné

arabella a écrit:
"foule opprimée" [hum...] -> Peut-on employer l'adjectif "opprimé" dans ce sens ? Alors là j'en sais rien du tout, je le pensais ma fois^^ Je veux dire par là qu'ils sont serrés comme des sardines, peut-être est-ce plutôt opressés ? J'en perds mon latin xD

Danx ce cas utilise comprimée ?
Pour moi et mon (vieux) dictionnaire Larousse :
Opprimer Accabler par violence, par abus d'autorité.
Mais, si tu veux faire ressortir un sentiment de suffocation pour ton héroïne, je crois que tu peux dire foule oppressante Lunette

Bonne continuation Smile !
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MessageSujet: Re: Ziis : Entre deux mondes   Dim 18 Nov - 23:46

Opressante, c'est super ! C'est le mot qu'il me fallait :D
Quand à oubliée, il faut bien un "e", mais il en faut aussi un à "ennuie" ;) (du moins je crois^^)
Merci à toi !
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MessageSujet: Re: Ziis : Entre deux mondes   Lun 26 Nov - 19:48

Et voilà le nouveau prologue^^
Bon euh... c'est vrai pas grand chose à voir, mais je vous assure que c'est le même roman xD

Pour le premier chapitre, je l'ai pas mal changé en fait, merci encore à vous !


Prologue





Quand l'inspecteur Spermum entra dans le petit appartement, il se dirrigea directement vers la cuisine, sans faire attention aux nombreuses personnes qui s'affairaient déjà, grouillant comme des fourmis autour de la moindre trace de sang. Il demanda à ceux qui se trouvaient dans la pièce de sortir afin d'obtenir un lieu propice à la concentration, ce qu'ils firent rapidement et sans bruit. Les experts utilisaient des lampes torches pour voir les détails, mais Spermum n'apréciait ce genre de procédé, il alla donc ouvrir les lourds rideaux qui cachaient la scène. La salle fut alors entièrement éclairée par un soleil dété radieux.

- Oh mon dieu ! dit une voix de femme derrière lui, qui ne pouvait cacher un certain tremblement.

La jeune Isa Shiki l'avait suivi, évidement. Pourquoi avait-il fallut que ses supérieurs lui collent une femme aux basques ? Elle n'avait de toute évidence jamais connu de crime, et encore moins vu de victime. Elle n'était pas faite pour ce métier. Spermum soupira, et alla sans même la regarder s'agenouiller près de l'homme - ou du moins déduisit-il qu'il s'agissait de l'homme à la vue de ses habits.

Sur le sol étaient étalés trois personnes, deux adultes et un enfant qui n'avait à première vue pas atteint son deuxième anniversaire. Tous les trois avaient les habits déchirés et le corps plein de sang, mais le pire étaient sans aucun doute leurs visages, qui n'avaient plus rien d'humain.

- Nous sommes en présence d'un cas de figure de niveau C. Impossible pour l'instant de dire avec quoi le - ou les tueurs ont fait ça, annonça l'inspecteur d'une voix solennelle dans un petit enregistreur. Les experts (et il fit une grimace tout en disant ce mot) pouront nous éclairer plus tard sur ce point, mais ce n'est pas le plus important.

- Si je puis me permettre, Geissos, l'interrompit Isa d'une petite voix, je trouve au contraire que ça peut être très important pour comprendre le tueur et ainsi le trouver plus rapidement...

Mais l'inspecteur fit comme si elle n'avait rien dit et continua son monologue, d'autant plus irrité qu'elle l'avait appellé sans cérémonie par son prénom.

- Les trois victimes sont alongées sur le dos, bien en vue au milieu de la cuisine. On peut voir des traces de lutte un peu partout. Ils ont dut utiliser des ustenciles de cuisine dans la bagarre car un grand nombre d'entre eux ne semblent pas se trouver à la bonne place.

Isa préféra le laisser à ses constations inutiles et décida de se mettre en quête d'indices. Essayant de réprimer son envie de vomir, la jeune femme s'approcha elle aussi des corps mutilés, évitant de regarder les visages de trop près.

- Leurs doigts ont été coupés... remarqua t-elle, plus pour elle-même que pour son supérieur qui continuait de l'ignorer. Et leurs visages sont méconnaissables. Pourtant, cette famille a été retrouvée chez elle, on est certain que ce sont eux, alors pourquoi le tueur a t-il voulu cacher leur identité ? Et si finalement, tout ça n'était qu'une machination ? Et si les Kallima étaient toujours en vie ?

- Vous divaguez, Shiki, déclara son inspecteur. Vous avez lu trop de romans.

Elle lui jeta un regard noir et se releva, se jurant de ne plus émettre de conclusions à voix haute. Elle fit un tour de la salle, scrutant tous les recoins, cherchant parmis les nombreux objets qui jonchaient le sol celui qui pourrait faire tomber le masque du tueur.

C'est alors que ses yeux tombèrent sur un mixeur à main posé sur un petit buffet. Elle s'approcha lentement, quelque chose clochait ; peut-être n'était-il pas à sa place ? Mais il y avait autre chose... Elle dut soudain étouffer un cri en se mordant la lèvre inférieure, de peur que Geisso Spermum ne l'entende et, tentant de ne penser que de façon professionelle, prit précaucioneusement l'objet pour l'observer de plus près. Sur ses bords arrondis mais tranchants on pouvait voir, non pas des bouts de carotte, mais de la chair humaine...

Isa shiki réfléchissait. Plus personne n'utilisait ce genre d'ustencile, le robot ménagé nouvelle génération ayant de loin la préférence. Soit le tueur l'avait amené là dans un but précis - et on devine lequel, soit cette famille vivait précairement, ce qui n'était pas à exclure lorsqu'on voyait le genre de meuble qui ornaient la pièce. Elle prit précautioneusement l'objet et le glissa dans un petit sachet plastique sans que l'inspecteur ne la voit. Elle donnerait ça au labo plus tard, demandant aussi une recherche ADN. Elle connaissait le légiste, aussi elle espérait bien qu'il préféra l'écouter elle plutôt que l'autre imbécile qui ne ferait qu'expédier l'affaire le plus vite possible, comme le font tous ces vieux inspecteurs prétencieux.




Mais elle n'eut même pas le temps d'en arriver à ce point. Quelques heures plus tard, tout le monde remballait son matériel et s'apprêtait à prendre un repos presque mérité. L'inspecteur avait congédié tout le monde, annonçant que l'avis des experts n'était pas nécessaire : il avait découvert près des corps la même laine qui constituait le pull du concierge, de plus, ses empruntes étaient partout dans la maison. Ayant regardé le match de CratchPoint la veille, il n'avait aucun allibi. Il fut embarqué immédiatement, jugé coupable le lendemain et électrocuté dans l'après-midi. Jamais les personnes vivant dans l'immeuble ne furent plus rassurées que ce jour là.

Isa Shiki, quand à elle, n'avait pas tant l'esprit en repos, elle sentait que ce meurtre n'était en rien aussi simple. Selon elle, les Kallima étaient toujours vivant, malgré les apparences, et peut-être même que le tueur était toujours en liberté. Un terrible tueur, qui n'hésiterait pas à transformer ses victimes en pâte à mâcher pour arriver à ses fins...






Je me demande juste : Est-ce qu'il n'est pas trop court ? Mes chapitres font en moyenne 4/5 pages, et là ça fait 1 et demi.. Mais en même temps ce n'est qu'un prologue.
Je pourrais en dire un peu plus à la fin, décrire les investigations prochaine d'isa, je ne sais pas encore si je les mettrai là ou dans le roman... Qu'en pensez-vous ?
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MessageSujet: Re: Ziis : Entre deux mondes   Sam 8 Déc - 14:36

arabella a écrit:

Prologue





Quand l'inspecteur Spermum entra dans le petit appartement, il se dirrigea (ce n'est pas plutôt "dirigea" ?) directement vers la cuisine, sans faire attention aux nombreuses personnes qui s'affairaient déjà, grouillant comme des fourmis autour de la moindre trace de sang. Il demanda à ceux qui se trouvaient dans la pièce de sortir afin d'obtenir un lieu propice à la concentration, ce qu'ils firent rapidement et sans bruit. Les experts utilisaient des lampes torches pour voir les détails, mais Spermum n'apréciait ce genre de procédé (ici j'aurais quand même rajouter "pas" ou peut-être "guère"), il alla donc ouvrir les lourds rideaux qui cachaient la scène (qui obscurcissaient la scène, plutôt non? parce que mise à part s'il regarde de la fenêtre, les rideaux ne peuvent pas lui cacher la vue ?). La salle fut alors entièrement éclairée par un soleil dété (d'été) radieux.

- Oh mon dieu ! dit une voix de femme derrière lui, qui ne pouvait cacher un certain tremblement.

La jeune Isa Shiki l'avait suivi, évidement. Pourquoi avait-il fallut que ses supérieurs lui collent une femme aux basques ? Elle n'avait de toute évidence jamais connu de crime, et encore moins vu de victime. Elle n'était pas faite pour ce métier. Spermum soupira, et alla sans même la regarder s'agenouiller près de l'homme - ou du moins déduisit-il qu'il s'agissait de l'homme (répétition "de l'homme", de plus parle-t-il d'un homme en particulier ? Au cas contraire, je pense qu'il faudrait mieux dire "d'un homme" - en fait je ne comprends pas très bien ce passage... parle-t-il d'une des victimes ?) à la vue de ses habits.

Sur le sol étaient étalés trois personnes, deux adultes et un enfant qui n'avait à première vue pas atteint son deuxième anniversaire. Tous les trois avaient les habits déchirés et le corps plein de sang, mais le pire étaient sans aucun doute leurs visages, qui n'avaient plus rien d'humain. (Je trouve cette phrase un peu maladroite... un peu lourde)

- Nous sommes en présence d'un cas de figure de niveau C. Impossible pour l'instant de dire avec quoi le - ou les tueurs ont fait ça, annonça l'inspecteur d'une voix solennelle dans un petit enregistreur. Les experts (et il fit une grimace tout en disant ce mot) pouront nous éclairer plus tard sur ce point, mais ce n'est pas le plus important.

- Si je puis me permettre, Geissos, l'interrompit Isa d'une petite voix, je trouve au contraire que ça peut être très important pour comprendre le tueur et ainsi le trouver plus rapidement...

Mais l'inspecteur fit comme si elle n'avait rien dit et continua son monologue, d'autant plus irrité qu'elle l'avait appellé sans cérémonie par son prénom.

- Les trois victimes sont alongées sur le dos, bien en vue au milieu de la cuisine. On peut voir des traces de lutte un peu partout. Ils ont dut utiliser des ustenciles de cuisine dans la bagarre car un grand nombre d'entre eux ne semblent pas se trouver à la bonne place.

Isa préféra le laisser à ses constations inutiles et décida de se mettre en quête d'indices. Essayant de réprimer son envie de vomir, la jeune femme s'approcha elle aussi des corps mutilés, évitant de regarder les visages de trop près.

- Leurs doigts ont été coupés... remarqua t-elle, plus pour elle-même que pour son supérieur qui continuait de l'ignorer. Et leurs visages sont méconnaissables. Pourtant, cette famille a été retrouvée chez elle, on est certain que ce sont eux, alors pourquoi le tueur a t-il voulu cacher leur identité ? Et si finalement, tout ça n'était qu'une machination ? Et si les Kallima étaient toujours en vie ?

- Vous divaguez, Shiki, déclara son inspecteur. Vous avez lu trop de romans.

Elle lui jeta un regard noir et se releva, se jurant de ne plus émettre de conclusions à voix haute. Elle fit un tour de la salle, scrutant tous les recoins, cherchant parmis les nombreux objets qui jonchaient le sol celui qui pourrait faire tomber le masque du tueur.

C'est alors que ses yeux tombèrent sur un mixeur à main posé sur un petit buffet. Elle s'approcha lentement, quelque chose clochait ; peut-être n'était-il pas à sa place ? Mais il y avait autre chose... Elle dut soudain étouffer un cri en se mordant la lèvre inférieure, de peur que Geisso Spermum ne l'entende et, tentant de ne penser que de façon professionelle, prit précaucioneusement l'objet pour l'observer de plus près. Sur ses bords arrondis mais tranchants on pouvait voir, non pas des bouts de carotte, mais de la chair humaine...

Isa shiki réfléchissait. Plus personne n'utilisait ce genre d'ustencile, le robot ménagé nouvelle génération ayant de loin la préférence. Soit le tueur l'avait amené là dans un but précis - et on devine lequel, soit cette famille vivait précairement, ce qui n'était pas à exclure lorsqu'on voyait le genre de meuble qui ornaient la pièce. Elle prit précautioneusement l'objet et le glissa dans un petit sachet plastique sans que l'inspecteur ne la voit. Elle donnerait ça au labo plus tard, demandant aussi une recherche ADN. Elle connaissait le légiste, aussi elle espérait bien qu'il préféra l'écouter elle plutôt que l'autre imbécile qui ne ferait qu'expédier l'affaire le plus vite possible, comme le font tous ces vieux inspecteurs prétencieux.




Mais elle n'eut même pas le temps d'en arriver à ce point. Quelques heures plus tard, tout le monde remballait son matériel et s'apprêtait à prendre un repos presque mérité. L'inspecteur avait congédié tout le monde, annonçant que l'avis des experts n'était pas nécessaire : il avait découvert près des corps la même laine qui constituait le pull du concierge, de plus, ses empruntes étaient partout dans la maison. Ayant regardé le match de CratchPoint la veille, il n'avait aucun allibi. Il fut embarqué immédiatement, jugé coupable le lendemain et électrocuté dans l'après-midi. Jamais les personnes vivant dans l'immeuble ne furent plus rassurées que ce jour là.

Isa Shiki, quand à elle (quant à elle ?), n'avait pas tant l'esprit en repos, elle sentait que ce meurtre n'était en rien aussi simple. Selon elle, les Kallima étaient toujours vivant, malgré les apparences, et peut-être même que le tueur était toujours en liberté. Un terrible tueur, qui n'hésiterait pas à transformer ses victimes en pâte à mâcher pour arriver à ses fins...


Ca fait drôle quand même l'énorme différence de ton qu'il y a entre le premier prologue proposé et celui-ci. J'ai l'impression qu'on change complètement d'histoire, mais je te fais confiance !

Ce prologue est pas mal... Mais effectivement un peu court. Pas vraiment en longueur mais dans son contenu car finalement, on ne sait toujours pas vraiment à quoi s'accrocher... Je crois que je préfère la première version.
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MessageSujet: Re: Ziis : Entre deux mondes   Sam 26 Avr - 23:44

Bonjour à tous ! Après une looongue absence (pardon mille fois), je reviens avec une petite réécriture du début, pour ceux que ça intérêsse... géné
Promis, je viendrai plus souvent à l'avenir, je me suis remise à lire et écrire (quoique les partiels approchant, il est possible que je ne revienne vraiment que fin mai ¬¬ )

Prologue

Quand l'inspecteur Permum entra dans le petit appartement, il se dirigea directement vers la cuisine, sans faire attention aux nombreuses personnes qui s'affairaient déjà, grouillant comme des fourmis autour de la moindre trace de sang. Il demanda à ceux qui se trouvaient dans la pièce de sortir afin d'obtenir un lieu propice à la concentration, ce qu'ils firent rapidement et sans bruit. Les experts utilisaient des lampes torches pour voir les détails, mais Permum n'appréciait guère ce genre de procédé, il alla donc ouvrir les lourds rideaux qui cachaient la scène. La salle fut alors entièrement éclairée par un soleil d’été radieux.
- Oh mon dieu ! dit une voix de femme derrière lui, qui ne pouvait cacher une surprise mêlée d’horreur.
La jeune Isa Shiki l'avait suivi, évidement. Pourquoi avait-il fallut que ses supérieurs lui collent une femme aux basques ? Elle n'avait de toute évidence jamais connu de crime, et encore moins vu de victime. Elle n'était pas faite pour ce métier. Permum soupira, et alla sans même la regarder, s'agenouiller près de l'homme - ou du moins déduisit-il qu'il s'agissait de l'homme aux vues de ses habits.
Sur le sol étaient étalés trois personnes, deux adultes et un enfant qui n'avait à première vue pas atteint son deuxième anniversaire. Tous trois avaient les habits déchirés et le corps poisseux de sang sécher ; mais le pire étaient sans aucun doute leur visages, qui n'avaient plus rien d'humain.
- Nous sommes en présence d'un cas de figure de niveau C. Impossible pour l'instant de dire avec quoi le - ou les tueurs ont fait ça, annonça l'inspecteur d'une voix solennelle dans un petit enregistreur. Les experts (et il fit une grimace tout en disant ce mot) pourront nous éclairer plus tard sur ce point, mais ce n'est pas le plus important.
- Si je puis me permettre, Geissos, l'interrompit Isa d'une petite voix, je pense au contraire que ce genre d’information peut être important pour analyser la psychologie du tueur..
Mais l'inspecteur fit comme si elle n'avait rien dit et continua son monologue, d'autant plus irrité qu'elle l'avait appelé sans cérémonie par son prénom.
- Les trois victimes sont allongées sur le dos, bien en vue au milieu de la cuisine. On peut voir des traces de lutte un peu partout. Ils ont dut utiliser des ustensiles de cuisine dans la bagarre car un grand nombre d'entre eux ne semblent pas se trouver à la bonne place.
Isa préféra le laisser à ses constations inutiles et décida de se mettre en quête d'indices. Essayant de réprimer son envie de vomir, la jeune femme s'approcha elle aussi des corps mutilés, évitant de regarder les visages de trop près.
- Leurs doigts ont été coupés... remarqua-t-elle, plus pour elle-même que pour son supérieur qui continuait de l'ignorer. Et leur visages sont méconnaissables. Pourtant, cette famille a été retrouvée chez elle, on est certain que ce sont eux, alors pourquoi le tueur a t-il voulu cacher leur identité ? Et si finalement, tout ça n'était qu'une machination ? Et si les Kallima étaient toujours en vie ?
- Vous divaguez, Shiki, déclara son inspecteur. Vous avez lu trop de romans.
Elle lui jeta un regard noir et se releva, se jurant de ne plus émettre de conclusions à voix haute. Elle fit un tour de la salle, scrutant tous les recoins, cherchant parmi les nombreux objets qui jonchaient le sol celui qui pourrait faire tomber le masque de l’assassin.
C'est alors que ses yeux tombèrent sur un mixeur à main posé sur un petit buffet. Elle s'approcha lentement, quelque chose clochait ; peut-être n'était-il pas à sa place ? Mais il y avait autre chose... Elle dut soudain étouffer un cri en se mordant la lèvre inférieure, de peur que Geissos Permum ne l'entende et, tentant de ne penser que de façon professionnelle, prit précautionneusement l'ustensile pour l'observer de plus près. Sur ses bords arrondis mais tranchants on pouvait voir, non pas des morceau de légumes comme on pourrait s’y attendre, mais de la chaire humaine...
Elle éloigna l’objet de sa vue, le remettant à sa place sur le meuble. Son supérieur allait certainement le remarquer lui aussi plus tard, et elle préférait que ce soit lui qui s’occupe de l’emballer. Après avoir fait un dernier tour dans la pièce, elle alla s’asseoir sur le rebord blanc et brillant de la fenêtre et prit quelques instants pour réfléchir. Plusieurs points de cette affaire la turlupinait. Les corps mutilés, les traces de sang dans la pièce, la position des corps… et puis l’utilisation de cet horrible objet. Plus personne n'utilisait ce genre d'ustensile, le robot ménagé nouvelle génération ayant de loin la préférence. Soit le tueur l'avait amené là dans un but précis - et on devine lequel ; soit cette famille vivait précairement, ce qui n'était pas à exclure lorsqu'on avisait le style des meubles qui ornaient la pièce ; les deux solutions pouvant d’ailleurs très bien s’ajouter.
Tout à ses réflexions, elle n’avait pas remarqué l’inspecteur qui s’était soudain relevé, brandissant une pince à épiler au bout de laquelle pendouillait une sorte de long poil noir. Isa Shiki avait souvent dut observer l’inspecteur avant de pouvoir l’accompagner dans ses affaires, et ce regard, elle savait ce qu’il signifiait. Il avait toujours cette figure de dément quand il avait résolu une affaire, surtout quand celle-ci était aussi vite expédiée.
Fier et fou. Elle ne l’avait jamais aimé et le trouvait quelque peu gâteux, à moins qu’il n’ait toujours été comme ça. Il paraît qu’il était le meilleur en son temps, une sorte d’Hercule Poirot multi-centenaire. Mais il n’aurait jamais dut continuer, ce métier n’était plus pour lui. Isa imaginait tous les criminels qui s’en étaient sortis par sa faute, et tous les innocents condamnés pour du vent…
Elle traversa alors d’un pas rapide la pièce et prit précautionneusement le mixeur pour le glisser dans un petit sachet plastique, sans que l'inspecteur ne la voie, trop absorbé par ce poil qui semblait être la réincarnation d’un Dieu à ses yeux. Elle le donnerait à son ami légiste plus tard, lui demandant aussi si possible une recherche ADN. Elle connaissait Marc depuis son enfance, aussi elle espérait bien qu'il préféra l'écouter elle plutôt que l'autre imbécile.

Quelques heures plus tard, tout le monde remballait son matériel et s'apprêtait à prendre un repos presque mérité. L'inspecteur avait congédié tout le monde, annonçant que l'avis des experts n'était pas nécessaire : il avait découvert près des corps la même laine qui constituait le pull du concierge, en outre, ses empruntes étaient partout dans la maison. Ayant regardé le match de CratchPoint la veille, il n'avait aucun alibi, de plus, des témoins l’avaient entendu se disputer avec la famille quelques jours auparavant. Il fut embarqué immédiatement, jugé coupable le lendemain et électrocuté dans l'après-midi. Jamais les personnes vivant dans l'immeuble ne furent plus rassurées que ce jour là.
Isa Shiki, quand à elle, n'avait pas tant l'esprit en repos, elle sentait que ce meurtre n'était en rien aussi simple. Elle aurait souhaité retourner dans cette salle morbide, afin de lancer plus loin ses investigations, mais d’autres affaires l’empêchèrent de faire quoi que ce soit. Pourtant, l’image des trois cadavres étendus sur le sol restait ancrée dans sa mémoire sans qu’elle puisse l’effacer, et elle savait qu’elle ne pourrait trouver de repos avant de savoir ce qui s’était réellement passer. Selon elle, les Kallima étaient toujours vivants, malgré les apparences, et peut-être même que le tueur s’apprêtait à réitérer son crime. Un terrible tueur, qui n'hésiterait pas à transformer ses victimes en pâte à mâcher pour arriver à ses fins...
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MessageSujet: Re: Ziis : Entre deux mondes   Sam 26 Avr - 23:47

Chapitre 1 - Un nouveau départ

L'odeur dans le dernier wagon était très forte, elle prenait les narines de plein fouet, et donnait presque l'impression d'être visible tellement elle empestait. Mais les vagues dans l'air n'étaient que les volutes d'une chaleur étouffante mélangées à la sueur de tous les Zytuniens s'entassant dans le petit cube brinquebalant. Melfirae aurait plutôt eu du vague à l'âme, mais elle se retenait de pleurer. Il était trop tard à présent pour déverser sa tristesse, la jeune fille était partie en courant, et ne reviendrait jamais. Il n'était plus temps de pleurer.
Avec Otto son isatis, sorte de petit renard polaire qui la suivait partout depuis qu'elle l'avait recueilli, Elle s'était engouffré dans le wagon par la porte de bois, imitant des dizaines de personnes qui revenaient du travail, pour ceux qui en avaient. Les autres ne faisaient que flâner, ils savaient bien que mendier était inutile, les personnages les plus riches de Ziis-Tun avaient à peine de quoi subsister, et même si l'entraide entre miséreux existait, personne n'était assez fou pour offrir son argent. Melfi fut tellement oppressée par cette masse informe qu'elle se retrouva sans trop savoir comment accroupie par terre, collée contre le mur du fond, lui aussi, comme la porte, fait de ce vieux bois noirci, un bois qui n'a plus d'odeur que celle de la crasse. Dans son dos, elle sentait nettement le rebord inférieur d'une immense affiche publicitaire, qui ne brillait même plus et à laquelle plus personne ne faisait attention depuis longtemps. Qui ici aurait put s'offrir ce voyage sur cette plage paradisiaque ? Ciel bleu, sable blanc, le paysage sur le panneau paraissait désert, exceptés ces deux amoureux. Ridicule publicité mensongère. Chacun savait qu'un endroit comme celui-là n'existait plus, c'était soit une photographie truquée, soit une plage de synthèse, une fausse réalité, pour laquelle les gens payent des fortunes pour quelques heures d'un bonheur factice. Melfirae, dans son habit marron et miteux, sa capuche remontée sur sa tête, semblait assise sur le sable, et contrastait complètement avec le reste de l'image.
La jeune fille prit Otto sur ses genoux. Lui n'avait aucun mal à se glisser entre les jambes des voyageurs. Même si elle n'avait pas froid, elle comptait sur sa fourrure pour lui réchauffer le cœur. Elle n'avait plus que lui au monde. Elle ferma les yeux et posa la tête sur ses poils blancs, presque bleutés, c'était si bon de ne plus penser à rien. Mais soudain, elle sentit une savate lui gifler le visage, la foule compactée se mettait en mouvement. Le wagon s'était arrêté, et si Melfi avait fait quelques centimètres de plus, elle aurait put distinguer par la fenêtre maculée un petit écriteau à peine stable, sur lequel étaient inscrites deux croix rouges. Le tunnel vingt. Aussi loin qu'elle se souvienne, Melfi n'était jamais allée plus loin, les quartiers riches n'ayant aucun intérêt pour une fille comme elle. Mais ce jour-là, elle n'était plus vraiment la même, elle n'avait plus aucune attache désormais, et elle voulait rouler le plus loin possible de chez elle. Oublier, ne plus penser à rien...

Un tunnel sombre. Plusieurs néons ne fonctionnent plus, mais ce n'est pas au plus profond de Ziis-Tun que quelqu'un s'en occupera. Une maison, tout au fond du tunnel. Tout est calme. Melfi joue avec Otto, papa ramasse des graine de Bergues, maman se lave. Soudain, un grondement, comme s'il venait d'entre les roches. Tout tremble dans le tunnel. Ca arrive parfois, personne ne s'en soucie vraiment. Pourtant cette fois, ce n'est pas pareil. Ca se rapproche. Otto a les oreilles dressées, il comprend ce qui est en train de se passer. La maison est secouée de partout, et de partout, des objets tombent, se brisent, des meubles s'écroulent, et puis bientôt, même le plafond semble se fissurer. Au fond du jardin, papa s'est écroulé sous la terre humide. Maman n'aura pas le temps de se sécher, elle n'aura même pas le temps de crier, la petite pièce dans laquelle elle se trouvait s'est effondrée tout autour d'elle...

« - Non ! »
Melfi ouvrit les yeux subitement. L'agitation de la navette lui sembla étrangement très calme tout à coup. Rassurée par la langue d'Otto lui caressant la joue, la jeune fille encore frissonnante se releva pour ne plus sentir les secousses dans son dos. Il y avait moins de monde, alors qu'ils approchaient le dernier tunnel.
Le rail sur lequel avançait la navette s'étendait sur toute la longueur de Ziis-Tun, allant du quartier le plus pauvre, à celui le plus riche, en passant par les trente-trois autres. Il n'y avait jamais de virage, sinon la navette aurait certainement déraillée, et cette dernière faisait des aller-retour à longueur de journée. La nuit, elle se rangeait dans un petit hangar, creusé plus profondément encore que les quartiers riches. Il paraît que là-bas, tout au fond de la voie, il y avait un moyen d'aller dans le monde extérieur...
Peut-être n'était-ce qu'une rumeur, une légende que son père aurait inventée pour lui redonner espoir. Mais maintenant qu'elle était seule, Melfirae se rattachait à cette dernière lueur derrière tant de gris, c'était son but et puisqu'elle n'avait plus que ça à penser, elle ferait tout pour y parvenir. Depuis sa plus tendre enfance, elle avait été plongée dans des récits qui décrivaient ces lieux où le ciel est visible de partout, où l'air ne sent pas la rouille et l'humidité, et où tout le monde vit heureux. Son père lui racontait des tas d'histoires sur cet endroit, il s'apparentait au héro, et voyageait, de villes en villes, de plaines en plaines, sans jamais dire vraiment si ces histoires étaient fausses, ou si elles avaient vraiment existées. A cause de ces histoire, il y avait toujours eu une sorte de mystère autour de son père, Melfi l'admirait depuis toujours. Mais plus jamais ils ne pourraient discuter ensemble à la lueur du dernier néon.
Voilà qu'elle repensait à cet accident, les pierres immenses roulant sur sa maison, détruisant tout, jusqu'à ce qu'elle avait de plus cher, jusqu'à ses parents. Ce sont les risques d'habiter dans les souterrains, titreront les journaux, si jamais ils en parlaient. Mais que faire quand on n'a pas les moyens d'aller ailleurs ? Melfirae avait toujours vécu dans sa petite baraque de tôles, au plus profond de la ville sous-terraine, à Tilde. Jamais elle n'avait vu la lumière du jour, et jamais elle n'avait vu un billet, même de seulement dix Goldar-w. Ils vivaient précairement, mais plus ou moins heureux, parce qu'ils étaient ensemble. Et voilà qu'aujourd'hui, un petit tremblement chamboulait toute sa vie... Elle n'avait que quinze ans, et n'était certainement pas prête à affronter les autres toute seule, même accompagnée d'Otto. Son cher Otto...
Ils l'avaient appelé ainsi, parce qu'ils avaient trouvé cette boule de poil dans un quartier proche du leur, qui portait ce nom en mémoire d'un grand physicien, ou tout au moins d'un physicien à la hauteur de Tilde. Le petit isatis, tout tremblant et transis de froid qu'il était, retrouva vite son énergie parmi eux, et mit un peu plus de bonheur dans leur maison. Mais il s'était surtout révélé comme le seul ami que Melfi ait jamais eut, ne sortant pas souvent de chez elle. C'était lui qui avait aidé la jeune fille à se tirer d'affaire lors de l'éboulement. Il l'avait entrainée entre les pierres et la terre qui se déversaient sur elle, et ils étaient désormais sain et sauf, mais se sentant plus seuls que jamais. La jeune fille avait juste eut le temps d'attraper un pendentif appartenant à sa mère, posé sur la table, comme s'il voulait rester avec elle. Un dernier souvenir.

Une vague de parfum sortit soudain Melfi de ses tristes pensées. Une énorme femme aux habits roses et aux cheveux jaunes s'était penchée vers elle.
- Tout va bien ma petite ? Tu t'es perdue ?
Sans s'en apercevoir, Melfi s'était mise à pleurer. Elle s'empressa de sécher ses larmes d'un revers de manche et fit non de la tête. La femme se releva en lui souriant, réjouie sans doute d'avoir fait une bonne action.
Si elle sentait le parfum, se dit Melfirae, c'était que le train s'était rapproché un peu plus des quartiers riches. Et en effet, la grosse dame contourna Melfirae et son isatis pour aller se placer dans la file de sortie, alors que le wagon s'arrêtait, les roues en ferraille rouillée crissantes, au tunnel quatorze.
Les wagons étaient coupés en deux par une barre d'aluminium, sur lesquels s'accrochaient les passagers, pour ceux qui pouvaient l'atteindre. D'un côté, les voyageurs entrants, et de l'autre les sortants. Si bien que, comme Melfi était dans le passage entre les deux, elle se prenait souvent des coups de savates, mais n'y faisait pas vraiment attention. Ses parents avaient souffert bien plus qu'elle, et elle-même avait déjà connu pire. Elle se souvenait aisément et avec ressentiment de la fois où l'humidité avait été tellement grande, que sa famille n'avait plus la moindre petite "graine de Bergues" à se mettre sous la dent, ces grosses bactéries blanches qu'ils récoltaient en cachette derrière leur masure et qui permettaient de subsister en cas de grosse famine. Ou encore du jour de l'émeute au tunnel vingt-quatre, où se tient le marché, et où Melfirae s'était retrouvée coincée sous un stand mis en pièce par les révoltés ; des gens pourtant comme elle, qui en avait seulement assez de toute cette misère.
La jeune fille soupira. Peut-être allait-elle enfin laisser tout ses problèmes, après ça, et même sans famille, la vie ne pouvait être que meilleure. Il fallait qu'elle prenne son destin en main, son père le lui répétait souvent : "Ma chérie, un jour, tu devras partir de cette maison pour vivre mieux que nous." Et voyant que sa fille ouvrait la bouche pour protester, il ajoutait : "Non, ne dis rien, je suis très sérieux. Je sais qu'il est difficile d'imaginer une vie sans ses parents, mais s'il te plaît, j'aimerais que tu ais un plus beau destin que le mien. Un jour tu comprendras, il faudra que je t'explique l'histoire de ta famille, et puis tu partiras, parce qu'ici, ça ne vaut rien." Puis il restait silencieux, malgré les questions puériles de la jeune fille, et le mystère planait à nouveau autour de son père. Mais à présent, Mélfi pensait comprendre ces paroles. Oui, il existait un monde meilleur, et elle était bien décidée à le trouver.

Tout à ses réflexions, elle ressentit soudain un étrange froid l'envahir, contrastant avec la chaleur qui régnait continuellement dans le wagon. Les portes s'étaient ouvertes, produisant un courant d'air frais, qui glissa sur les mollets nus de la jeune fille. Elle aperçut alors entre les jambes des passagers des chaussures noires, au moins une bonne dizaine. Les autres pieds s'écartaient sur leur passage, ils semblaient tourner en rond, comme s'ils cherchaient quelque chose. La navette s'était arrêtée plus longtemps qu'à l'ordinaire, les propriétaires de ces pieds curieux devaient avoir payé le chauffeur. D'ailleurs, leurs chaussures étaient cirée, jamais personne n'en avait de si brillantes ici, elles faisaient grincer le plancher. Melfi se recroquevilla un peu plus sur elle-même, elle avait l'étrange impression qu'ils étaient là pour elle, et même si ça ne paraissait pas tout à fait vraisemblable, son cœur pensait le contraire et résonnait jusque dans sa tête. Otto avait senti que sa maîtresse n'était pas à l'aise, et émettait de petits couinements, heureusement étouffés par les discutions diverses. Bientôt, la navette s'ébranla, et les chaussures sombres repartirent, mais Melfi garda une angoisse incompréhensible au fond d'elle. Pour se redonner courage, elle serra le pendentif contre son cœur, priant pour ne plus jamais avoir à rencontrer ces pieds étranges.
Le choc passé et voulant rester optimiste, elle essaya de prendre cette intrusion comme une bonne augure ; en effet, si de si riches personnes qu'elles en avaient des souliers propres étaient entrées ici, c'est bien qu'il y avait un moyen de passer d'un monde à l'autre, et Melfi se réconforta dans son but. Elle ne savait pas du tout où pouvait bien être cette "porte" vers le ciel, mais elle la trouverait.
Quand la navette s'arrêta de nouveau, une seule personne entra. Ses souliers étaient râpés, difformes, rafistolés avec du bristol, pas du tout comme ceux qu'elle venait de voir, pourtant le cœur de Melfi se mit à battre de plus belle. Avait-elle bien reconnu la personne qu'elle avait tant espérer voir un jour ? Cette démarche lente et sûre d'elle, à la fois distinguée, et presque agressive, ou plutôt, intimidante. De plus en plus fébrile, Melfi ne quittait pas des yeux la personne qui marchait à présent vers la publicité mate, elle releva alors la tête et croisa le temps d'une fraction de seconde le regard d'un jeune garçon à l'allure de rebelle. C'était Kagan, elle ne l'avait jamais vu de si près, mais en était presque certaine. Il faut dire aussi que son physique était bien connu de l'imaginaire collectif. Dans la réalité, il était peut-être un peu moins grand qu'on le disait, et n'avait pas toutes ces cicatrices sur le visage, mais ce nez en trompette, ces yeux noirs et profonds, et surtout ces cheveux, ne pouvaient appartenir qu'à lui. Il contourna Melfi sans même la toucher, semblant ne pas la remarqué, comme plongé dans des pensées obscures, et alla se placer dans la file des sortants.
Cette fois, le cœur de la jeune fille s'arrêta, alors qu'elle l'observait du coin de l'œil. Que faisait-il là, vers les quartiers les plus riches de Ziis-Tun ? Kagan faisait partie, disait-on, du plus réputé, mais du plus craint des gangs des quartiers pauvres. Sa renommée était telle qu'il était même reconnu au-delà du tunnel dix. Beaucoup avaient mis l'émeute du tunnel vingt-quatre sur son compte, mais Melfirae savait qu'il était bien plus subtile que cela dans ses actions, et qu'il n'aimait pas faire de mal aux misérables comme lui. Il faisait peur à certains, mais beaucoup d'autres le vénéraient. Ceux-là l'avaient surnommé Kagan, parce que ses cheveux étaient bouclés et si blonds qu'on les auraient cru blancs, comme la laine d'un mouton ; mais aussi parce qu'ils le considéraient comme leur chef à tous. Son vrai nom, personne ne le connaissait, mais au fond, qui possédait un véritable nom à Ziis-Tun ? Ils ne savaient même pas ce que cela voulait dire.
Melfi était fascinée de le voir de ses propres yeux, elle qui le voyait toujours comme un fantasme de foule, un symbole pour faire peur aux plus arrogants et pour redonner confiance aux plus démunis. Pourtant il était là, devant elle, les mains dans les poches, il aurait siffloté que ça n'aurait pas parut étonnant tellement il avait l'air à l'aise. La jeune fille l'admirait, les yeux posés sur lui, elle aurait tellement voulu avoir sa force de caractère, son courage, et surtout la liberté qu'il dégageait.
Il ne descendit pas tout de suite, il aurait normalement dut attendre dans la file d'arrivée, mais ça ne semblait pas le déranger plus que ça. Personne n'oserait le lui faire remarquer. Il sortit au tunnel 3, sans un regard en arrière. Par contre, Melfi, elle, ne le perdait pas de vue. Il l'intriguait, elle aurait bien voulu savoir ce qu'il comptait faire à ce niveau du sous-terrain. Ne sachant pas quoi faire et se disant qu'elle n'avait plus rien à perdre, la jeune fille se leva d'un bond, se fraya un passage parmi la foule opprimée, serrant Otto contre elle pour ne pas le perdre, et réussit à sortir juste à temps. Une demi-seconde plus tard, la Navette repartait, dans son vrombissement et ses cliquetis assourdissants. Et Kagan, où était-il passé ? Un long corridor, bordé de maisons comme Melfi n'en avait jamais vues, semblait s'élancer vers l'infini.
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Un jour j'ai vu une fleur fanée, et je l'ai trouvée jolie.
°[ (c) Loin et c'est très bien]°
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