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I deceive you

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arabella
Étoile de mer.



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Localisation : Là ! Tu me vois pas ?

MessageSujet: I deceive you   Mar 31 Juil - 14:56

I deceive you

(Parce que je n'ai pas la force de l'écrire en français.)


Mon chéri, avant tout il faut que je te dise que je t’aime. Ou du moins je crois t’aimer, mais cela ne revient-il pas au même ? Tu es dans mon cœur et je suis dans le tien. Pourtant je t’ai trahit. Tu n’aurais pas du avoir confiance en moi. Après ça, je ne sais même plus si je veux rester avec toi, ou partir pour un autre amour. Mais tu es toujours dans mon cœur, tu le seras toujours, même si je venais à te quitter.
Mais il faut que je te raconte, pour que tu saches. Tant d’hommes et de femmes restent à broyer du noir parce qu’ils ne savent pas ce qu’est devenu leur moitié. Toi au moins tu sauras exactement comment je t’ai trompé.

C’était par un beau jour d’été. Ma mère et moi étions sur la plage. Cette fille, je la connaissais déjà, j’avais déjà des vues sur elle depuis longtemps. Tu vois, quand elle était là, je ne pensais plus à toi, je ne voyais qu’elle. C’était la première fois que ça m’arrivait, de prêter autant d’attention à la même personne. Même pas pour toi.
Je lui avais écrit une lettre et je me décidai enfin à aller la lui porter. Elle était seule à cet instant précis, ses parents étaient déjà repartis dans leur maison et elle restait là, assise sur sa serviette, à regarder les vagues… Quand elle reçut la lettre, elle me sourit, comme elle n’avait jamais sourit, en tout cas moi, je n’avais jamais vu ce regard là et j’en fut très émue. Elle commença à la déplier. J’avais glissé à l’intérieur une page d’un cours de philosophie, parce que c’était sympa comme souvenir. Je ne sais pas pourquoi, mais elle décida de la lire à voix haute. Je ne me rappelle plus de quoi parlait ce cours, je crois que je n’écoutais même pas ce qu’elle disait. Je l’observait du coin de l’œil, des fois ce qu’elle lisait la faisait rire, alors je riais avec elle.

Elle était assise sur le côté, avec les genoux repliés. Elle avait accepté ma lettre en souriant, je décidai de prendre mon courage à deux mains – sans jeu de mot bien entendu. Je déposai délicatement ma main entre sa cuisse et son mollet, comme si elle avait glissé là par hasard, et sans rien dire. Mais, tout en continuant de lire la lettre, elle repoussa mon bras, comme je l’avais fait si souvent avec le tien, au début.
J’eus alors un gros doute. Au fond, je ne savais pas si je pouvais être aimée d’elle. Je ne sais pas si elle savait que je sortais avec toi, ce qui aurait pu être un obstacle pour elle, mais à ce moment je n’y pensais pas. Non, je voyais tous ces beaux garçons, et moi, même si je n’étais alors pas très féminine, je n’en restait pas moins une fille. C’est alors qu’elle leva lentement sa main et la posa sur la mienne, restée à distance prudente de sa cuisse. Elle détourna alors pour la première fois les yeux de la lettre et les plongea dans les miens. Elle me sourit à nouveau, avec ce visage si doux. Elle avait un regard pétillant de jeunesse, et des joues rebondies mais qui lui donnaient un charme fou.
Je caressai le dos de sa main avec mon pouce, comme j’ai l’habitude de le faire avec toi. Mais là c’était très différent, parce que sa main à elle ne bougeait pas, elle se laissait aller, et sa bouche continuait de lire cette page de révision – à croire qu’elle n’en finissait pas, à moins que le temps ne se soit arrêté pour moi…

Et puis soudain, elle eut finit. Elle dit quelque chose, comme quoi c’était sympa de retrouver ça, ou un truc du genre. Ca n’avait pas d’importance, parce que son regard était fuyant, et parce que j’avais approché mon visage lentement du sien.
J’eu envie de l’embrasser, mais je n’osai pas, me souvenant de ce bras qu’elle avait repoussé et sachant qu’avec elle, il faudrait être patiente. Comme tu l’avais été avec moi. Je comprenais soudain ce que tu avais pu ressentir, c’est comme si j’avais prit ta place. Cette fille, c’était moi, et moi j’étais toi, je comprenais tout, c’est tellement plus simple quand on a de l’expérience. Toi tu es mon premier, c’est pour ça que c’est si difficile, que je me pose tant de questions. Avec cette fille c’était sûr, je l’aimais, et elle m’aimais aussi, parce qu’elle avait posé cette main sur la mienne, et qu’elle l’avait laissée, chaude et réconfortante.
Mon autre main, j’ai voulu la passer sur sa joue, elle avait des joues si belles, et qui semblaient si douces. Malheureusement, elle était restée trop longtemps dans le sable et de petits grains restaient accrochés sur sa paume. Je ne pu que l’essuyer sur ma cuisse, et je préférai ne pas abîmer sa peau.
Elle était si près de moi maintenant, je me demandais quand je pourrais mettre mes lèvres sur les siennes, si ce n’était pas trop tôt, ou alors si c’est ce qu’elle attendait. Tu devais certainement te poser les mêmes questions dans cette salle de cinéma, lors de notre premier baiser. Mais ça ne s’est pas exactement passé de la même façon. Parce que sur cette plage, sous le soleil qui se couchait lentement, cette fille m’a embrassé. J’ai vu soudain ses yeux se fermer, et elle a déposé un petit bisou sur la bouche, timide mais tellement amoureux. Elle m’a sourit, encore une fois. Alors je l’ai embrassée à mon tour, plus chaleureusement qu’elle, ma main est peu à peu montée vers son dos, et elle s’est laissée totalement aller, jusqu’à s’étendre sur le sable. A cet instant, j’eus peur à nouveau. Je me suis imaginé un homme, s’approchant de nous et riant. Il se serait penché vers nous et aurait dit : « alors les guouzes, on s’éclate ? »… Mais personne n’est venu, nous étions seules dans notre amour. Il était tard sur cette plage, les gens étaient déjà repartis, quelques personnes persistaient ici et là, sans nous voir. Je me laissai aller moi aussi. Ses lèvres n’avaient aucun goût, par contre elles étaient douces et très humides, comme une pêche bien juteuse.

C’est étrange mais quand son dos eut touché le sable, elle s’endormit. Elle devait être très fatiguée. Alors je la posai délicatement et m’assit à ses côtés. Je crois que ce fut le seul moment ou je pensai à toi. Maintenant qu’elle n’était presque plus présente, ton image me revînt, sans prévenir. J’ai alors compris que je t’avais trompé, mais tu étais si loin ! Te le dirai-je un jour ? A cet instant j’avais simplement envie de vivre une histoire avec cette fille, une histoire comme personne d’autre, quelque chose de fort. Je t’aimais encore, mais cette fille, je l’aimais d’une autre façon, et je n’allais sûrement pas la laisser s’échapper. Oui j’avais des remords, mais pas de regrets. Et puis je la regardais, je la voyais qui respirait lentement. Elle était si belle, j’avais envie de la prendre dans mes bras, de la caresser, de lui montrer combien je l’aimais et la désirais. Mais je ne pouvais rien faire, elle était innocente, endormie.
J’avais promis à ses parents que je la ramènerais chez elle, mais je ne voulu pas la réveiller. Alors je la pris dans mes bras, je pris son sac aussi, posé à côté d’elle dans une sorte d’étagère posée sur le sable. Sa famille avait un emplacement privilégié sur la plage. Je laissai donc là sa serviette et les jeux de société. Je me demandai d’ailleurs avec qui ils pouvaient bien y jouer, ils en avaient beaucoup, mais je ne les voyais jamais les utiliser. Il faut dire aussi que je l’observais souvent.
Une fois que j’eus rassemblé toutes ses affaires, je pris mon envol et je l’amenai jusque chez elle, dans sa maison de vacances.

Oui, parce que j’ai oublié de te le dire, mais je pouvais voler. C’est un don que j’ai parfois. C’est comme ça que je suis allé de ma serviette à la sienne d’ailleurs, au début, pour ne pas me salir les pieds. Ma mère n’était même pas étonnée, c’est normal, tout le monde le savait maintenant, j’étais passée aux infos.

Je dois te l’avouer aussi, tout ce que je t’ai raconté là, cette aventure avec cette fille, je l’ai seulement rêvé. Ce fut un rêve magnifique, je crois que c’est la première fois que j’ai autant de souvenirs, si précis, et en si peu de temps, d’un rêve fugitif.
Mais je me suis réveillée, j’ai pris mon portable entre mes mains, et je n’ai pas réussit à t’écrire, comme je le fais tous les matins pour que tu te sentes moins seul. Pas après cette fille, pas après ça. Je ne connais même pas son nom, mais je me souviens parfaitement de son visage, si beau, si doux.
Est-ce que te tromper en rêve, reviens à te tromper dans la réalité ? C’est comme si mon esprit t’avait trahit, parce que j’ai eut soudain envie de vivre autre chose. C’est peut-être même pire que de te tromper pour de vrai, parce que je l’ai voulu, parce que je l’ai inventé de toute pièce, parce que c’est moi et moi seule la fautive. Finalement, est-ce que je t’aime vraiment ? Mon inconscient n’a-t-il pas inventé tout cela pour me montrer que je m’illusionne avec toi ?
Je ne savais déjà pas très bien où j’en étais, mais là c’est encore pire. Du coup je me pose des tas de questions. Suis-je ce que je crois être ? Es-tu ce que je crois que tu es ?
Ces questions n’ont aucun sens, je n’arrive même pas à me relire.

Peut-être me quitteras-tu quand tu liras cette lettre, si j’ai le courage de te la donner. De toute façon, je sais qu’un jour c’est moi qui te quitterai. Pas parce que tu n’es pas beau, pas parce que tu n’es pas intelligent ou pas gentil. Tu es tout ce dont une femme peut rêver. Non, simplement parce que tu ne seras plus ce que je recherche, simplement parce que tu resteras toi, et que moi je changerai, je change déjà, je n’étais déjà pas ce que tu pensais dés le début. Au fond, je te l’ai toujours dit, on ne se connaît pas. C’est vrai qu’on ne peut pas prévoir le futur, mais il faudra bien – oui il le faut – qu’un jour j’aie la force de te dire adieu.
En attendant tu sais, je t’aime.
_________________
Un jour j'ai vu une fleur fanée, et je l'ai trouvée jolie.
°[ (c) Loin et c'est très bien]°
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