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Donne-moi la main

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arabella
Étoile de mer.



Age : 18
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Localisation : Là ! Tu me vois pas ?

MessageSujet: Donne-moi la main   Dim 17 Déc - 19:54

(Pour mon retour, une petite nouvelle que j'ai écrite il y a pas longtemps^^ J'aimerais faire un receuil de nouvelles avec toutes celle que j'écris, vous pensez que j'ai des chances ? J'espère qu'elle vous plaira en tous cas)



Donne-moi la main



I


Son visage… je n’arrive pas à le discerner, et pourtant elle est toujours dans mon cœur, depuis toutes ces années, je la ressens encore.
Il fait froid dans la ville... Pourquoi ai-je accepté ce rendez-vous ? Cécile est mignonne, mais elle a beaucoup trop de sentiments pour moi, moi je ne ressens rien, enfin je crois. Mais bon, elle est mignonne quand même, j'ai pas envie de la faire souffrir, on verra bien après ce qui se passera.
Si ça se trouve, je me marierai avec elle, et puis on aura des enfants, des tas de gosses qui courent partout dans une maison trop petite ; elle rira, et moi je ferai semblant d'être un méchant monstre pour faire peur au plus petit, on mangera des gaufres que ma mère aura préparées et puis une tasse de chocolat…
Bof.

Il y a trop de monde dans la rue, mais elle, elle n’est pas là. Je suis sûr qu'ils se demandent tous ce que je fais là, tout seul, à attendre comme un con. C'est vrai, je devrais repartir. En fait, je suis là juste pour lui faire plaisir, alors si en plus elle est en retard...
Ah, ça y est, je crois voir son manteau de fourrure, celui que j'aime bien parce qu'il est tout doux. Elle marche vite, ça veut dire qu'elle sait qu'elle est en retard, elle va me faire le coup de l'excuse bidon du boss de mauvais poil.

- Je suis désolée, me dit-elle, l'air essoufflée, mon patron m'a retardée, il voulait que je finisse le dossier ce soir, mais je suis pas son esclave non plus.

Et voilà, je suis un pro, un chef, superman. On me la fait plus, à moi, j'ai de l'expérience en la matière.

- T'as raison, lui dis-je en lui mettant une main sur l'épaule. Bon, on y va, moi je me les caille.

Elle sourit et puis passe ses épaules sous mon bras, pour se réchauffer sans doute. Moi j'ai encore plus froid parce que ma manche est trop courte. Mais je ne vais rien dire, je suis un gentleman.

J'aime pas trop les restaurants, surtout quand c'est moi qui paie. Et puis c'est pas non plus délicieux, trop gras pour moi, ça me laisse un arrière goût dans la gorge, horrible. Vivement que je me lave les dents. Elle, ça à l'air de lui plaire. Du boeuf, avec des pâtes et une sorte de sauce brunâtre. C'est la spécialité maison, mais c’est pas pour ça que c’est bon.

Heureusement, quand on aura plein de gosses, on aura plus le temps d'aller bouffer au restau. Elle nous fera de bons petits plats, et on se dira Bon Appétit avant l'entrée. Les enfants voudront pas finir, diront qu'ils préfèrent le magdo, mais ça leur passera. On débarrassera tous en râlant, personne voudra passer l'éponge, et puis on ira se coucher.
Bof.

Pour l'instant je rentre pour la première fois chez elle. C'est pas super beau, j'espère qu'elle me laissera mettre quelques décorations d'intérieur à moi, après qu’on se soit trouvé un appartement minuscule avec même pas la télé.

- Tu veux un café ? me demande t-elle.

Ca, ça signifie qu'elle veut qu'on reste éveillés. Maligne mais pas assez. Elle pourrait me proposer de l'alcool aussi, tant qu'elle y est.

- Non merci, j'aime pas les trucs trop forts, le soir.

Je jubile intérieurement, elle, elle ne sait plus trop quoi faire, je suis sûr que ses méninges font du houla-up pour trouver quoi proposer pour que je reste un peu.

- Tu veux une infusion alors ?

Là, j'ai plus trop le choix, va pour l'infusion. J'aime pas trop ça non plus mais la pauvre, j'ai pas envie de lui fausser tous ses plans.
On se met à rediscuter de tout et de rien, comme d’habitude. C'est fou comme le temps ne passe pas vite quand je suis avec elle. J'ai l'impression qu'elle est nerveuse, ses mains ne font que de tapoter la table. Elles sont assez jolie, ses mains, c'est la première chose qui m'a marquée chez elle. Elles à des doigts longs et fins, mais pas non plus fil-de-fer, ils sont gracieux et élégants. Par contre je n'aime pas du tout l’énorme bague mauve qu'elle y a accrochée, sûrement pour me plaire.
J'aimerais savoir si elles sont douces.
Je lui prends la main, elle n'est pas douce. Pas du tout même.

Cécile me sourit, en me regardant dans les yeux. Moi je regarde sa main.
Et soudain, je n'y vois plus aucun intérêt, alors je me lève et je fais mine d'être fatigué.

- Bon, je vais partir, je dois me lever tôt demain matin.

C'est faux mais bon, il faut bien donner une raison. Les femmes aiment comprendre, même quand il n'y a aucune explication.
Elle me souhaite une bonne nuit en souriant et en me tenant la porte. Peut-être qu'elle se dit que je suis un timide romantique et que c'est un bon début. Pour moi c'est une fin.


La première chose que je fais, quand je rentre chez moi, c'est me laver les mains. En fait c'est une vieille habitude que j'ai pris, dés que je rentre, elles doivent être propres. Mais aussi dès que je sors. Je me lave les dents aussi, j’ai un bout de viande coincé entre deux molaires.
Les mains de Cécile m'ont déçues.
Tiens, pourquoi je pense ça ? Est-ce que je me ferais une fixation sur les mains ? Je n'avais jamais remarqué quelle importance je leur portais, mais c'est vrai qu'à cause d'une seule main, j'ai foutu en l'air toute une vie de couple, avec mariage et tombeau familial.

Pour moi, aucune main n'est semblable à une autre. Elles sont toutes différentes et reflètent sûrement notre personnalité.
Je me souviens de la première main que j'ai aimée. Elle était petite, un peu rondouillette, avec des tas de petites fossettes sur les bords. Et puis surtout elle était douce, si douce !
La maîtresse nous rangeait toujours ensemble, cette fille et moi. On devait avoir trois, ou quatre ans.
Je ne me rappelle plus de son visage, mais ses doigts potelés, sa paume chaude, son poignée tremblant, tout cela est ancré dans ma mémoire. C'était comme un supplice de devoir lâcher sa main pour retourner en classe. Ca doit être depuis ce moment que je hais le travail.

C'est vrai, je ne travail pas. Enfin presque pas. Je fais quelques dessins que j'envoie par-ci par-là à des éditeurs de livres pour enfants. Ils sont le plus souvent refusés, mais parfois certains m'offrent un contrat, ça me fait gagner ma croûte, ou plutôt le loyer de mon petit studio.
Je me demande comment j'ai rencontré Cécile. D'ailleurs je ne m'en souviens même plus. Et puis ça n'a plus d'importance maintenant, il faut que je l'oublie, puisque je ne veux pas la revoir de toutes façon.

Ma mère va encore me hurler dessus qu'il faut qu'à mon âge, je me trouve une femme et un foyer, parce que bientôt, j’aurai plus l’âge de faire des enfants, et pourtant, elle a envie de dorloter un petit fils et de ressortir les vieilles poupées.
Bof.
La nuit va être courte.

II

J'ai décidé d'aller ce matin à la première séance de cinéma. Je ne sais pas encore ce que je veux voir, il y aura sûrement un truc bien, je verrai sur le tas.
J'aime bien aller au cinéma, parce que ça te sort de ton petit univers bien ficelé. L'ordinaire, c'est lassant ; mon rêve, c'est d'être Spiderman. Mais j'aurais l'air con si je le disais. Par contre lui, j'aime pas le voir au cinéma, parce que je suis jaloux, mais ça c'est encore autre chose. Mes sentiments sont toujours soit trop forts, soit trop faibles ; la vie est mal faite. Surtout la mienne.

Il y a une queue pas possible, certainement un film aux bonnes critiques qui vient de sortir. J'ai l'impression que les gens ne savent plus penser par eux-mêmes.

- Un ticket pour Tuez-moi s'il vous plaît.
- Cinq euros. Merci.

Eh ben, c'est pas donné. Ca doit être une promotion. Ah oui, on est mercredi. Bon, tant mieux alors.

- On va voir Tuez-moi.
- Dix euros. Merci.
- Un Tuez-moi je vous prie.
- Cinq euros. Merci.
- Un ticket s'il vous plait.
- Pour quel film ?

Quelle question. Ils vont tous voir Tuez-moi. A croire qu'ils veulent tous se faire abattre par la caissière. J'espère qu'il y a d'autres films en option.

- Ah, pour Malicieuse, excusez-moi.
- Cinq euros.

Tiens, une résistante. Peut-être qu'elle a déjà vu le film en avant première.
Elle cherche son porte-monnaie dans son sac, elle est désordonnée, ses poignées sont tremblants ; les gens derrière elle fulminent, et moi je regarde ses mains. Ces mains… Serait-ce possible ? Elles sont moins potelées qu'avant, mais toujours aussi gracieuses.

- Merci.

Elle prend son ticket et s'achemine vers l'escalator. Sans m'en rendre compte, quand vient mon tour, je prononce d'une voix sèche, parce que toute ma salive à disparut.

- Une place pour Malicieuse s'il vous plait.

Deux jeunes rient derrière moi, je prends à peine conscience que Malicieuse est en fait un vieux film à l'eau de rose, qu'ils rediffusent à l'occasion de la semaine du goût. Ca n’a aucune rapport, et aucune importance non plus. Mon esprit est absorbé par les mains de la caissière. Elles sont rudes et leurs gestes sont saccadés. Comparées à celle que je viens de voir, c'est comme un couteau de cuisine comparé à une pêche.

Je prends mon ticket d'une main fébrile et je rejoins la fille vers l'escalator. J'aimerais me jeter sur ses mains, les sentir, les embrasser… mais je n'ose pas bien sûr, j’entends encore les deux autres idiots qui pouffent dans mon dos.
La salle est presque vide, et pourtant je m’assois à côté d'elle. Peut-être qu'elle se demande pourquoi, ou peut-être qu'elle n'y fait pas attention. Elle semble plongée dans la lecture d'un magasine pour cinéphiles. Le genre de truc que je ne lis jamais, je regarde les images, et des fois je m’en inspire, parce que les affiches sont belles.

Elle fait plein de bruit quand elle le range dans son sac, quelques mécontentements se font entendre.
Et puis lorsque la pénombre s'installe, elle pose sa main sur l'accoudoir qui nous sépare. Dans le noir, je me sens plus courageux. Il faut que je sache si c'est bien elle.
Je lui prend la main, elle est douce, avec des tas de petites fossettes sur les bords, elle dégage une chaleur attendrissante. Je sais que c'est elle. Elle ne retire pas sa main, saurait-elle qui je suis ?

Dans le noir, nous nous sommes reconnus. La main est plus forte que les mots.
Le film à l'eau de rose peut commencer.
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shirley
Elfe d'Argor.



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MessageSujet: Re: Donne-moi la main   Dim 17 Déc - 21:30

C'est Kawaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Sans rire et drôle à la fois. Cette fixette sur les mains c'est sympa !

magdo

Plutôt Mac do non ?
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arabella
Étoile de mer.



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Localisation : Là ! Tu me vois pas ?

MessageSujet: Re: Donne-moi la main   Lun 18 Déc - 22:07

Ouais mais j'aime pas faire de la pub ihih (j'en ai marre qu'on me dise ça à chaque fois !!! enfin... je l'ai cherché quand même)
Sinon merci beaucoup ! je suis contente que ça te plaise ;)
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¤Poudre de Plume¤
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MessageSujet: Re: Donne-moi la main   Lun 18 Déc - 22:42

Hé, mais ton style est vraiment plaisant !
Très limpide, vraiment fluide et très posé. J'aime beaucoup !
Par contre, la fin un peu moins que le reste. ^_^
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Pulsar-san
Le Grand Manitou



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MessageSujet: Re: Donne-moi la main   Dim 24 Déc - 1:11

Très sympa à lire cette histoire ^_^
Cette obsession pour les mains... J'avais déjà lu une histoire comme ça quelque part.
Mais celle-ci est différente, on sent qu'il recherche quelque chose, un souvenir, qu'il va finir par retrouver Smile !
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