shirley Elfe d'Argor.

Inscrit le : 13 Mar 2006 Messages : 183 Localisation : Herault
| Sujet: Lettre à un amour perdu Jeu 1 Juin - 18:13 | |
| Lettre à un amour perdu « Mon amour,
Je te demande pardon. Je sais bien que les excuses ne changeront rien à notre situation. Mais je tenais à te faire part de mes regrets. J’ai été naïf, mon amour, durant toute ses années d’existence. J’ai cru que tout était acquis : mon statut social, mes amis, ton amour pour moi. J’ai laissé dégrader avec le temps notre histoire qui été pourtant si belle. J’ai voulu croire que notre couple était différent de tous les autres ; qu’il ne souffrirait ni de mes négligences ni de mon manque de compromis. Quelle erreur ! Tandis que je me sentais au chaud blottit au creux d’une vie monotone mais rassurante, ton cœur, lui, était glacé par mes absences. Je n’ai pas voulu écouter lorsque tu me disais souffrir de mon absence. Je pensais toujours qu’il ne s’agissait que de coup de blues passagers. J’avais tort. Jour après jour, la solitude a envahit ta vie. Ton cœur ne ressentait plus les saisons ; c’était éternellement l’hiver. J’aurais du m’apercevoir de tous ce temps passé à attendre derrière la porte. J’aurais du savoir combien tu pleurais chaque soir. Je n’ai pas d’excuse. Tu disais que je travaillais bien trop. Je n’ai pas fait cas de ses paroles. Je pourrais te dire que je travaillais pour toi, pour que tu ne manques de rien, pour ton bonheur. Cependant, je ne peux pas nier la part d’égoïsme qui existe à privilégier sa carrière. Je voudrais n’avoir jamais eut d’ambition. C’est un trait de caractère parfois si détestable. Cependant, aujourd’hui, c’est elle qui me sauve. Elle me permet de ne plus penser à toi, ton absence, ma douleur. Dans ses moments je me demande comment tu as fait pour tenir aussi longtemps. Tu n’avais pas d’activité professionnelle dans laquelle te jeter à corps perdu. Tu voulais un enfant que je ne t’avais toujours pas offert. Tu étais vraiment seule. Tout à coup, je me suis aperçu pour la première fois de mon existence combien la solitude peut nous peser. J’ai pu goûter à la froideur de nos draps de satin qui pleurent encore et toujours le manque de la chaleur de ton corps. J’ai pu connaître le désespoir d’une chaise vide à mes cotés à l’heure du repas. J’ai pu enfin découvrir la noirceur et le vide de ta vie lorsque tu était encore avec moi. Je m’en veux.
Je rentrais chaque soir à la maison de plus en plus tard. Au départ, je loupais notre moment de détente où tu m’écoutais durant des heures te compter les histoires qui m’étaient arrivé au long de ma journée. Un jour, j’ai commencé à n’arriver qu’à l’heure du repas où tu m’attendais sagement en arborant toujours le même sourire de compassion. « Tu dois être exténué, mon chéri » me disais tu avec tendresse. Puis le temps à passer, je te retrouvais endormi sur notre canapé en alcantara nacré. Tu n’avais pas mangé ayant attendu avec encore espoir mon retour au foyer. Après quelques temps, mon absence est devenu ton quotidien. Tu m’as souvent dit que tu souffrais d’être toujours seule et délaissée. Mes collègues me disaient que toute leur femme leur racontait la même chose mais qu’en fin de compte elles savaient occuper leur journée grâce à leur argent. J’ai rit. Je me suis dit que tu t’habituerais et que tu continuerais éternellement à m’accueillir avec ton si charmant sourire.
Un soir, je suis rentré dans la maison. Quelque chose avait changé subitement. La maison était froide et sans odeur. J’entrais dans la cuisine et m’apercevais que le rôti n’était pas dans le four et qu’aucune odeur de nourriture ne s’échappait de la gazinière. Une angoisse me prit. Je me mis à t’appeler et à te chercher dans toute la maison. Tu ne répondais pas à mon appel. Je me suis dirigé dans notre chambre. C’est là que j’ai compris. Les armoires étaient vide : plus un chemisier, plus une seule robe. Je courrais dans notre salle de bains. Les parfums et crèmes en tous genre n’arboraient plus l’étagère du haut. Ne restait plus que mon déodorant, mon après rasage et quelques bavioles sans aucune importance. Même ta brosse à dent avait disparu. Tu étais parti. Ma vision s’est mise alors à défaillir. Je ne sentais plus mes jambes. Je n’avais rien vu venir. Je me suis assis sur notre lit à ta place. C’est là que j’ai vu ton mot. J’ai déplié la lettre dans un mouvement d’espoir. J’espérais que tu t’étais rendu au chevet d’un parent malade mais surtout pas que tu me quittais. Pourtant, c’était bien là le terme de ta lettre. Certains passages de cette lettre resteront à jamais gravé en moi :
« Cher Paul, Je suis désolé mais il faut que je quitte. Je suis vraiment navrée de montrer si peu de courage et de m’être enfuit de la maison comme un voleur. Je sais que si je vois ton visage, je n’y arriverais pas. Je ne suis pas heureuse. Je ne peux donc pas continuer ainsi. Ne va pas t’imaginer que je te quitte pour un autre homme. Il me faudra du temps pour arrêter de te concevoir comme mon époux. Cependant, ma vie est vide : vide de sens mais surtout vide de toi. Au départ, tu me manquais. Aujourd’hui la solitude m’est juste intolérable. Je ne suis pas assez forte pour vivre cela. Ne me demande pas de revenir Paul. J’ai besoin aujourd’hui de vivre pour moi. Laisse moi donc m’en allez et redevenir heureuse comme autrefois ... » Je me suis écroulé sur notre lit bien vide sans toi. J’ai prié pour que tu ne puisses pas te reconstruire sans moi. J’ai supplié Dieu pour que tu reviennes dans notre foyer. J’ai crié, j’ai promis, j’ai pleuré. Rien n’y a fait. Tu es vraiment partit.
Je ère quelquefois dans notre maison comme cherchant un souvenir de ta présence. Je rase les murs comme étranger dans ma propre demeure. Je n’arrive pas à vivre sans toi. Un soir, mon esprit brouillé par l’alcool et la fatigue, je me suis mis à penser qu’il serait doux d’être juste mort. Mais je me suis vite raisonné. Je n’avais pas le droit de te faire cela. Je n’avais pas le droit de te punir pour mes fautes. Je ne voulais pas partir pour l’au-delà en te laissant avec une culpabilité et une tristesse que tu ne mérites pas. Alors, j’ai essayé de survivre tant bien que mal à ton absence.
Un soir, je suis rentré comme à mon habitude à une heure tardive. J’ai du mal à supporter le silence qui règne en ces lieux. Je prends mon courrier et je le trie comme chaque jour. Je met dans un carton les lettres qui te sont destiné en espérant un jour te voir débarquer afin de la récupérer. Le tas a grossi mais tu n’es pas venue. J’aperçois alors une grande enveloppe à mon nom. J’entreprends de l’ouvrir. A sa lecture, je reste sans voix. Je m’assoie sur une chaise et me sers un verre de whisky sec. Dans cette lettre, tu as scellé notre destin. Dans ce courrier, tu m’as demandé d’officialiser ton départ.
Je me suis mis dans une colère noire. Je t’ai insulté de tous les noms possibles. Je ne comprenais pas pourquoi tu ne me laissé aucune chance de te prouver que j’avais compris la leçon, que je pouvais changer. Je t’en voulais de ne laisser aucune chance à notre mariage qui était pourtant un mariage d’amour, n’es ce pas ? Il était si facile de t’en vouloir, de te rendre responsable de tous ce gâchis à ma place. Alors, je me suis dit qu’il fallait que je te voie, que je te parle, que je te résonne. Je me suis donc décidé à aller chez toi.
Je t’ai vu ce matin là sortir de ton nouvel appartement. Tu portais une robe de taffetas jaune. Tu semblais radieuse. Je n’ai pas osé aller à ta rencontre. Je t’ai suivi jusqu’au chemin de ton nouvel emploi. Tu travailles donc dans une galerie d’art. En te voyant entrer dans le magasin, je me suis rappelé que c’était ton rêve. J’ai eut honte de l’avoir oublié. Je t’ai vu sourire, parler, rire aux éclats tout au long de la journée. Je me suis alors rappelé tes propres mots : « Ne me demande pas de revenir Paul. J’ai besoin aujourd’hui de vivre pour moi. Laisse moi donc m’en allez et redevenir heureuse comme autrefois ... ».
J’ai compris. Au fond de moi, j’enrage pourtant. Je sais bien que dans quelques temps, peut être même aujourd’hui il y aura un autre homme dans ta vie. Un homme qui sera t’aimer, te chérir, te combler. Un homme que tu prendras dans tes bras et que tu honoreras de ton sourire chaque jour. J’enrage car je sais aujourd’hui que ce ne sera plus moi.
Je sais que tu dois te demander pourquoi je me suis résolue. Pourquoi j’ai décidé d’abandonner et de te laisser vivre ta vie. Ce jour là, je suis rentré à la maison dépité par la constatation suivante : tu est plus heureuse sans moi. J’ai alors entrepris de regarder notre album photo de mariage afin de me souvenir de nos jours heureux. Je suis tombé sur ton discours de mariage. J’ai été très émue et touché par les mots que tu avais prononcés ce jour là. Je pense que je me suis aperçu de leur profondeur ce soir là. C’est fou comme les choses sont mal faites ! Il faut souvent perdre ce que l’on a de plus précieux pour s’apercevoir de sa valeur. Tu avait écrit une phrase qui a attiré mon attention : « Aimer c’est faire passer le bonheur de l’être chéri avant son propre bien être ».
Alors j’ai saisi l’ampleur de ses mots. Je veux que tu sois heureuse. Ton bonheur a pour prix ton départ de mon existence et c’est le cœur meurtri mais sincère que je te donne ma bénédiction. J’ai joins à cette lettre le document qui te permettra d’obtenir ta liberté et ton indépendance. Sois heureuse. Marie toi, fais des enfants et chérie les autant que tu le peux. Je sais à présent que tu auras été mon grand amour et c’est au nom de celui-ci que je m’apprête à te laisser partir. Alors, Adieu, mon amour ...
Paul » _________________
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¤Poudre de Plume¤ Votre ogresse-dragonne préférée.

Age : 19 Inscrit le : 17 Mar 2005 Messages : 3852
| Sujet: Re: Lettre à un amour perdu Jeu 8 Juin - 13:33 | |
| J'ai enfin lu cette nouvelle et je tenais à te féliciter, Shirley, c'est de loin ma préférée. Les émotions, les sentiments passent si bien ! Vraiment, félicitation et merci !  _________________
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shirley Elfe d'Argor.

Inscrit le : 13 Mar 2006 Messages : 183 Localisation : Herault
| Sujet: Re: Lettre à un amour perdu Jeu 8 Juin - 15:19 | |
| Merci beaucoup! _________________
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Pulsar-san Le Grand Manitou

Age : 47 Inscrit le : 25 Avr 2005 Messages : 1050
| Sujet: Re: Lettre à un amour perdu Jeu 8 Juin - 19:56 | |
| Quelle belle lettre ! Elle éveille en nous l'émotion. Celle de cet homme que vient de quitter sa femme est prenante. Et même celle de la femme transparait parfaitement dans sa lettre. C'est une petite merveille
Quelques petites choses à rectifier malgré tout:
et quelques babioles sans aucune importance.
J'erre quelquefois dans notre maison
Un homme qui saura t’aimer _________________ La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. La mienne est sans limite.
Dernière édition par le Sam 10 Juin - 16:43, édité 1 fois |
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† Akira † Lutin-garou vert

Age : 19 Inscrit le : 20 Mar 2005 Messages : 1020 Localisation : quelque part entre vérité et mensonge...
| Sujet: Re: Lettre à un amour perdu Sam 10 Juin - 14:24 | |
| magnifique on ressent parfaitement les emotions de Paul qui accepte le choix de sa femme même si ça lui fait mal...bravo shrley, j'aime beaucoup ! _________________
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arabella Étoile de mer.

Age : 18 Inscrit le : 18 Sep 2005 Messages : 307 Localisation : Là ! Tu me vois pas ?
| Sujet: Re: Lettre à un amour perdu Mar 31 Juil - 15:08 | |
| J'ai lu cette lettre avec attention et elle m'a beaucoup émue ! C'est vrai qu'on ressent bien les émotions, mais pas seulement celles de Paul, aussi celles de sa femme qui souffre mais fait tout pour garder leur amour intact, en essayant de garder le sourire, mais finalement en vain. C'est une très belle histoire, bien racontée, même si ce doit être l'histoire de beaucoup de couples (bien que j'espère que peu d'entre-eux aient été jusqu'à quitter la maisonnée...) Enfin bref, bravo pour cette nouvelle^^ Dommage qu'il y ait tant d'erreur, j'avoue que ça a un peu influencé mon jugement, mais je ne garderai que le bon souvenir du fonc^^ ;) _________________ Un jour j'ai vu une fleur fanée, et je l'ai trouvée jolie. °[ (c) Loin et c'est très bien]°
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